Burkini : Manuel Valls désavoue Najat Vallaud-Belkacem

La polémique sur le burkini provoque des dissensions au sein même du gouvernement. Et particulièrement entre Manuel Valls et Najat Vallaud-Belkacem. Le Premier ministre  a jugé, ce jeudi 25 août sur  BFMTV , que les arrêtés municipaux anti-burkini n'étaient "pas une dérive". Cette intervention est en réponse à Najat Vallaud-Belkacem qui venait de déclarer, sur  Europe 1 , que la "prolifération" de ces arrêtés n'était "pas la bienvenue" : " Je suis contre le burkini", a ajouté la ministre de l'Education, rappelant ses "convictions féministes", avec des "femmes libres et fières de leur corps".  Si la ministre de l'Éducation nationale pense que "la prolifération des arrêtés sur le burkini (...) n'est pas bienvenue", c'est qu'elle considère qu'elle "pose la question de nos libertés individuelles (...) Jusqu'où va-t-on pour vérifier qu'une tenue est conforme aux bonnes mœurs ?  Pour moi, rien n'établit de lien entre le terrorisme de Daesh et la tenue d'une femme sur une plage ", conclut-elle. Un recadrage à quelques minutes d'intervalle De son côté,  Manuel Valls  assure que "ces arrêtés ne sont pas une dérive. C 'est une mauvaise interprétation des choses. Ces arrêtés ont été pris au nom même de l'ordre public . Ils ont été pris à un moment donné, dans des plages du sud de la France, quelques jours après l'attentat de Nice dans un contexte particulier. Et le burkini, oui, encore une fois, c'est l'asservissement de la femme. Et les hommes et les femmes de progrès doivent le dire avec beaucoup de force".  C'est donc quelques instants après les propos de  Najat Vallaud-Belkacem , que le chef du gouvernement insiste : " Je ne suis pas d'accord avec elle . Ou alors c'est elle qui n'est pas d'accord avec moi", a-t-il admis.  Saisi par la Ligue des droits de l'Homme, le Conseil d'État doit se réunir, ce jeudi pour dire si les arrêtés anti-burkini sont légaux. La plus haute juridiction administrative française examine un "référé-liberté", une demande de suspension en urgence d'un arrêté de la commune de Villeneuve-Loubet (Côte d'Azur).  Mais il est en réalité appelé à trancher la querelle juridique pour la trentaine de communes françaises qui exigent sur leurs plages, cet été, une tenue "respectueuse des bonnes  mœurs  et de la laïcité" au nom de "l'ordre public".  Bernard Cazeneuve met en garde contre la "stigmatisation" "On a vu des arrêtés pris dans des endroits où il n'y avait aucun problème, aucun trouble. Les maires qui les ont pris, certains avaient des raisons". Mais "attention au risque de dérapage, de dérive et de stigmatisation", a pour sa part déclaré le porte-parole du gouvernement,  Stéphane Le Foll , sur  iTele .  Mercredi, le ministre de l'Intérieur  Bernard Cazeneuve  avait lui-aussi  mis en garde contre la "stigmatisation" des musulmans , après la diffusion des images d'une femme contrôlée sur la plage de Nice, porteuse d'un simple voile.  De son côté,  Nicolas Sarkozy  appelle, dans un entretien dans   Le Figaro Magazine , à légiférer pour interdire "tout signe religieux à l'école mais également à l'université, dans l'administration et aussi dans les entreprises". Pour lui, "ne rien faire" contre le burkini "serait acter un nouveau recul de la République" .  Le  Front national  va plus loin, en se prononçant pour "une loi d'interdiction générale des signes religieux ostensibles dans l'ensemble de l'espace public".                      La rédaction vous recommande "Burkini" : le Conseil d'État va trancher sur l'interdiction du port de ce vêtement Burkini : "Ne rien faire serait un nouveau recul de la République", estime Nicolas Sarkozy Burkini : Bernard Cazeneuve met en garde contre les "stigmatisations" VIDÉO - Burkini : Bernard Cazeneuve dénonce une "instrumentalisation politique"
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